Enquête pas très exclusive

1092008

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Non, cette photo n’est pas tirée du dernier film de Patrice Leconte Les Bronzés se défoncent à Miami. Immortalisée par un étudiant de troisième cycle d’une prestigieuse université des Etats Unis, cette scène se déroule lors du dernier « Spring break » filmé par les caméras d’ »Enquête exclusive », l’une des émissions phare de M6.
Pour l’occasion, Bernard De la Villardière consacre sa classieuse émission à ce sujet pour le moins « concernant » (c’est le mot de la rentrée : il faut réaliser des sujets qui concernent le plus de monde possible) : « Jeunes et alcool : quand les fêtes dégénèrent ». Pour illustrer le document, Beber a envoyé deux journalistes filmer des images au péril de leur vie dans cet enfer fait de plages, de soleil, de filles et d’alcool… Bon d’accord, c’était pas le terrain de reportage le plus dangereux qui soit mais quand même : être entouré de jeunes bourrés, drogués, passant leur journée à vomir et à crier « Was up! », ça n’a pas du être facile. Pourtant, j’imagine la réaction des journalistes le jour où ils ont appris l’objet de leur mission : « Messieurs, vous partez dès demain pour la Floride filmer le Spring break. -Trop cool man, merci… ».
Erreur les gars. Là-bas, les gens sont vulgaires, gros et moches. Ben ouais, c’est pour ça qu’ils boivent les gens, pour oublier leur condition.
S’en suit un beau reportage sans montage apparent, avec une volonté farouche d’atteindre la vérité sans jamais tomber dans le sensationnalisme ni le voyeurisme… Hé hé.
En parallèle de tout cela, nos deux journalistes, droits dans leurs bottes, se sont attachés à suivre des fous de Dieu passant leur temps à haranguer les foules de jeunes dépravés afin de les ramener sur le chemin de Dieu. Donc, si je comprends bien, pendant le Spring break, soit on se défonce grave, soit on prie pour le salut de son âme. Et il est où le juste milieu messieurs les journalistes, hein, il est où ?




Michel Comte / Rizzoli Nudes

26082008

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« Un des photographes les plus demandés de sa génération. » – Vogue


www.michelcomte.org




Lumas

26082008

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Stéphanie Harig et Marc Ullrich se sont approprié la citation de Susan Sontag « Collectionner des photos, c’est collectionner le monde » et semblent à tout prix vouloir nous inspirer.
Ensemble, ils ont eu l’idée de donner à tous la possibilité d’accéder à la photographie d’art.
Grâce à leurs efforts, il est désormais possible de se procurer pour une somme moyenne de 600 euros des oeuvres d’une grande variété, crées par des artistes de tous horizons, déjà reconnus ou en devenir. Leur galerie ou le site Internet de Lumas sont là, fournissant plus de 1000 exemplaires par mois au férus d’art de 21 pays différents et présentent plus de 900 oeuvres sélectionnées avec soin.
C’est, par hasard, en passant rue de seine que je suis tombé sur cette galerie renfermant le travail de Michel Comte, Edward Steichen ou encore celui d’Andreas Kock (photo ci-dessus) qui met en scène des femmes représentées dans des poses souvent provocantes. Les couleurs claires et théâtrales ainsi que l’utilisation du clair obscur rappellent le peintre américain E.Hopper.

LUMAS
40 rue de Seine
75006 Paris
Tél: +33 01 . 43291029
Internet : www.lumas.info




Carte blanche à Christian Lacroix

23082008

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De retour des Rencontres d’Arles où, cette année, Christian Lacroix a composé le programme, une certitude s’est installée en moi : le grand couturier n’a eu de cesse de tenir son rêve en ligne de mire jusqu’à l’atteindre. Lorsqu’il revient dans sa ville natale et qu’il y est reçu comme l’enfant prodigue, l’homme doit se dire qu’il a bien fait d’y croire. Mis à l’honneur cette année, il a carte blanche pour faire de ces 39° Rencontres un événement inoubliable.
Comme chaque été, la sublime Arles se joue de l’ombre et de la lumière, du noir et du blanc, et s’impose en capitale mondiale de l’art photographique. Tout s’y prête, ses rues chaudes et lumineuses, sa langueur, le rythme de ses habitants qui vivent à l’heure espagnole mais aussi l’architecture de la ville qui permet, dans cette apesanteur très camarguaise, de croiser l’œuvre de l’immense couturier: ses robes infernales que l’on voudrait toucher du doigt, ses dessins pour modèles haute couture que l’on encadrerait volontiers chez soi, et ses fameuses croix qui, pour beaucoup, représentent sa marque de fabrique. Toute la vie de Christian Lacroix défile devant nos yeux pour notre plus grand plaisir.
La ville, qui portera ses couleurs jusqu’au 31 octobre, est sans aucun doute la destination idéale pour profiter des rayons de soleil d’un été indien déjà annoncé et découvrir l’œuvre de grands photographes comme Richard Avedon, Achinto Bhadra, Samuel Fosso ou encore Françoise Huguier.

Rencontres d’Arles jusqu’au 14 septembre 2008.
Musée Réattu, Christian Lacroix jusqu’au 31 Octobre 2008.




Rencontres d’Arles / Richard Avedon

22082008

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Christian Caujolle, commissaire de l’exposition:

« Le 6 novembre 1995, The New Yorker publiait, sur 26 pages (presque 27…) un travail en couleurs de Richard Avedon qui fait date. Comme il l’a lui-même intitulé, il s’agit d’un « conte » pour lequel il convoque deux personnages, Mr. & Mrs Comfort qu’il met en scène, qu’il maltraite, qu’il installe dans un monde d’absolue désolation.
Mrs Comfort est un sublime mannequin, Nadja Auermann, et une véritable actrice. Quant à Mr. Comfort, c’est un squelette, non dénué d’ex­pression ou de sens, figurant et acteur de chacune des 23 photographies publiées. Ils nous content une histoire, inventée par Avedon avec la complicité de Doon Arbus, qui prend forme de testament.
Il s’agit simplement, de façon brillante et radicale, des adieux au rédactionnel de mode qui ont fait, en partie, la célébrité de Richard Avedon.
Ce fut un choc, tant pour les complices d’Avedon que pour les amoureux et acteurs de la mode – les modèles des plus grandes signatures de la mode étaient là – et pour les addicts du chiffon.
Mais c’était ainsi : strict. Richard Avedon, qui devait en partie sa gloire au fait d’avoir publié dans Harper’s Bazaar, Vogue ou autres disait NON, violemment.
Il avait décidé de dénoncer – dans une logique qui n’est pas éloignée de son engagement contre la guerre du Viêt-nam qui le mena en prison ni de son exploration de l’American West – une société de consommation qui l’exaspérait et dont il acceptait de profiter. Bye bye la mode, bye bye la séduction, bye bye l’éphémère de la séduction.
Nous sommes tous mortels et, même lorsque nous sommes acteurs et famous, nous sommes des squelettes en devenir. La mode est une illusion, une façon sublime et dérisoire de tenter de lutter, en vain, contre la fuite du temps et dont j’ai été complice, jusqu’à cette série.
Une magnifique jeune femme, un décor en désastre, un squelette à la fois cynique et libidineux, un monde qui s’écaille, confondant splendeur et beauté. Et, pour finir, un éden à jamais interdit.
À la fois beau et violent, magnifiquement contrôlé dans sa réalisation et son sens, cet ensemble qui interroge la vacuité du monde de la mode n’a jamais été exposé.
Il représente pour nous un dialogue harmonieux avec la grande rétro­spective Avedon au Jeu de Paume à Paris et avec les questionnements du programme de Christian Lacroix. »




Cloverfield

19082008

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Il y a bien longtemps que le cinéma n’avait pas pleinement rempli son rôle: divertir sans être poussif. Avec Cloverfield qui sort ce mois-ci en Dvd, c’est chose faite. Passé presque inaperçu l’année dernière, ce film à souffert d’un amalgame avec Godzilla, navet des années 90 où Jean Reno tient le plus mauvais rôle de sa carrière. Pourtant, ces deux films n’ont rien en commun. Produit par J.J Abrams, le producteur de Lost, ce film post 11-Septembre met en scène cinq jeunes gens qui se retrouvent au beau milieu d’un New York « attaqué » par « quelque chose » qui détruit les rues de Manhattan les unes après les autres, entouré d’un étourdissant manège d’hélicoptères qui tentent d’enrayer la progression de cette terrible machine de guerre, à savoir, un monstre. Mais peu importe la nature de cette menace, puisque ça aurait pu être n’importe quoi, la question étant de voir comment des gens ordinaires réagissent à un événement extraordinaire et ce qu’il en ressort lorsque c’est leur propre caméra qui rapporte les événements.
Parce qu’aujourd’hui, tout le monde peut s’improviser reporter : 11-Septembre, Nouvelle Orléans, Irak, en ce moment la Géorgie, autant d’images filmées par le quidam du coin qui se retrouvent au journal de 20h. Ainsi Cloverfield ne choque à aucun moment puisque la seule vrai critique que l’on aurait pu émettre est que le héros, même au péril de sa vie, ne lâche jamais sa caméra. Impensable si nous n’avions pas déjà assisté, à la télévision, à ce genre « d’exploit », comme cet homme qui, accroché à un arbre, continue de filmer les corps emportés par l’immense vague que fut le Tsunami, qui n’est en aucune manière le nom du monstre dans Cloverfield.




Chaos calme

18082008

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Il existe des livres qui ne laissent qu’une vague impression, comme ces rêves que l’on oublie dès le réveil et puis, il y a ceux qui évoquent des images, des couleurs, des odeurs qui vous touchent particulièrement. C’est dans cette seconde catégorie que s’inscrit le livre de Sandro Veronesi, Chaos calme, dont l’introduction relève du chef d’œuvre. Rarement un auteur n’aura aussi bien maîtrisé une ouverture : un homme sauve une inconnue de la noyade pendant que la femme de sa vie meurt sous les yeux de leur fille. Dit comme ça, on pourrait penser qu’il s’agit d’un livre triste et plombant. Au contraire, c’est un livre drôle, touchant, bouleversant et complètement barré. Le personnage principal, Pietro Palladini, donne le ton du roman, presque enfantin – donc juste – puisqu’il s’agit d’un homme. Ses questions et réflexions évoqueront d’ailleurs beaucoup de choses à la gent masculine qui pourra s’identifier à volonté. Mais le roman séduira aussi les femmes qui ne pourront que « craquer » pour ce Pietro si touchant, surtout lorsqu’il décide, à la mort de sa femme, de veiller sur sa « petite fleur » en restant l’attendre toute la journée devant l’entrée de son école, donnant ainsi à cette dernière l’opportunité de l’apercevoir à tout moment de la journée par la fenêtre de sa classe. Mille livres sont présents dans ce roman paradoxal, à l’image de son titre qui, sur la couverture française, est accompagné d’un visuel dont l’esthétisme ravira tous ceux pour qui le livre est un objet précieux que l’on achète, que l’on prête avec bonheur mais que l’on ne voudrait emprunter pour rien au monde.
Dans les remerciements, Sandro Veronesi mentionne une trentaine de personnes avec lesquelles il a échangé pendant l’écriture du livre (4 ans 1/2) et qui l’ont aidé, chacune à leur manière. Après avoir élaboré une liste exhaustive, l’auteur conclu par cette jolie phrase que je ne peux m’empêcher de vous faire partager : « Et après, on vous dit que les gens qui écrivent sont seuls ».

Chaos calme, Sandro Veronesi, Grasset, 2008.




Le premier jour du reste de ta vie

16082008

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Le premier jour du reste de ta vie est le plus beau film (français) que j’ai vu depuis longtemps. Une vraie émotion de cinéma qui, à en juger à l’applaudimètre, semble avoir été partagée par l’ensemble des spectateurs de la salle. C’est assez rare pour le souligner. Cinq acteurs, cinq merveilles, avec une mention spéciale à Jacques Gamblin, magistral en père aimant tentant d’éviter à tout prix de recréer le schéma paternel.
Le film nous touche en plein cœur à plusieurs reprises grâce à une belle écriture, simple, juste et efficace qui parvient à éviter les clichés (exceptées une ou deux scènes), et dont la principale qualité est de permettre aux spectateurs de s’identifier grâce à un phénomène de lâché prise.
L’histoire de la famille, condensée en cinq chapitres, est rythmée par une BO incroyable (composée par Sinclair dit « Whaou » pour les intimes), la réalisation frôlant alors avec le clip vidéo, renforçant ainsi l’émotion et l’immersion du spectateur avec beaucoup de malice. Quelques jolies répliques resteront sûrement, comme celle mettant en scène le grand-père face à ses petits enfants qui leur évoque les annotations inscrites sur le bulletin scolaire de leur père : « A touché le fond…mais creuse encore! ».
On se délecte de ce film du début jusqu’à la fin ; les cyniques vous diront que c’est cliché, facile ou plein de bons sentiments, bien au contraire, le film est riche et particulièrement rafraîchissant. Il faut absolument voir cette scène, disponible sur internet, où Gamblin donne des conseils de Air Guitar à son fils, il faut voir ses yeux plein de fierté lorsqu’il voit celui-ci s’élancer sur la scène et l’entendre prononcer à la fin du concert cette réplique merveilleuse « Tu penseras à remettre le manteau léopard de ta mère à sa place car si elle l’apprend, ça va couiner ».

Le premier jour du reste de ta vie, un film de Rémi Bezançon, en salle.




Island Records

31072008

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Jamais je n’avais regardé cette émission sauf une fois, il y a deux ans, pour y voir un copain d’école tenter de tenter une tentatrice (?). Mais cette année, je me délecte tous les mardis soirs de retrouver mes quatre couples séparés (par la distance) assister en direct à l’explosion de leur relation amoureuse. Pourtant je m’étais longtemps refusé à regarder ce programme. « Trop avilissant, c’est la fin des haricots » disais-je. Je me revois tenir de longs discours sur l’importance du boycott de ces émissions. « Si nous résistons, ils seront bien obligés de mettre autre chose à la place non ? »
Six ans donc, six ans de résistance pour finir vautré dans mon canapé chaque mardi. Mais alors pourquoi? Pour plusieurs raisons.
Tout d’abord une présentatrice hors du commun capable de garder le visage figé pendant trente bonnes secondes sans dire un mot, histoire de faire monter la pression. Une animatrice qui aime poser toujours la même question « Qu’avez-vous vu sur ces images? ». « Et ben…j’ai vu que ma femme, elle danse super proche d’un mec que si elle était en face de moi ça se passerait mal! » Que voulez-vous répondre sinon raconter ce que tout le monde vient de voir à l’instant? Des réponses du style « Quelle grosse morue! » sont proscrites, comme si on était à la télé, comme si des caméras étaient en train de filmer. Non, s’il y avait des caméras personne ne céderait aux tentateurs. Ils ne sont pas bêtes tout de même les candidats, faire ça devant la France entière!
Bêtes, non, mais du sud, oui. 90 % des participants viennent du sud de la France, en témoigne l’accent prononcé de Marseille, de Toulouse, de Montpellier, d’Aix ou encore de Perpignan que l’on peut entendre. Mais alors pourquoi? Les gens du sud sont-ils plus bêtes que les autres pour aller « se montrer » de la sorte? Ont-ils un rapport différent à la représentation? Est-ce que s’afficher fait partie de leur culture? Bof, moyenne l’analyse, j’en conviens. Pour autant, ils sont tous du sud, ça c’est sûr. Qu’avons nous vu cette semaine?
Lindsay, la jeune brésilienne, qui a trompé son mec le premier soir s’est séparée de ce dernier en quittant l’île prématurément. Mais je pense que c’est lui qui avait raison: « Moi, la fille je l’ai embrassée deux jours après être arrivé. Et toi? Le premier soir oui, le premier soir! C’est donc toi qui as généré cette situation! ». Oui, c’est aussi ça l’île de la tentation.
Un autre couple les a remplacé et malgré les promesses du monsieur à la madame, il semblerait que ça ne soit pas gagné pour eux non plus. Mais il y a beaucoup plus de chances de se séparer en participant à l’île de la tentation plutôt qu’en participant à « Question pour un champion ». Vous serez d’accord, Julien Lepers n’a pas vraiment une tête de tentateur…même s’il pose vachement bien les questions: Je suis, je suis je suis ?




Paranoid Park

28072008

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« Paranoid Park » nous prouve que Gus Van Sant, après son magistral « Elephant » qui revenait sur la tuerie de Colombine, a tout compris du monde de l’adolescence. Son film, dont le héros commet l’irréparable, pose la question de la rédemption, de la catharsis ainsi que de la survie de l’âme par l’oubli. « Est-ce vraiment arrivé, ai-je rêvé ? » Comment ne pas devenir fou après avoir commis un tel acte, lorsque les valeurs du bien et du mal nous ont été inculquées depuis notre plus jeune âge ? Comment ne pas perdre l’esprit lorsque le poids de notre éducation judéo-chrétienne pèse sur nos épaules ? Gus Van Sant, pour répondre à tout cela, filme plusieurs réalités, en étant au plus près du regard d’Alex, incarné à l’écran par le remarquable Gabe Nevins. Son jeu, incroyablement juste, nous ramène tout droit au lycée, à notre première fois, à la première cigarette, à la première bière et plus largement aux questions que l’on se pose à cet âge.
La culpabilité du personnage se distend en même temps que ses repères d’où naissent un trouble et un sentiment d’apesanteur presque poétiques.







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